Trois avocats assassinés et les accusés en grève de la faim, face à l’illégitimité du tribunal spécial irakien.

Archives, Juin 2006

Le premier procès de Saddam Hussein s’est ouvert à Bagdad le 19 octobre 2005, devant le tribunal spécial irakien.
Le lieu et l’institution compétente ont fait l’objet de contestations pour illégitimité.
Ainsi, Maître Chamy l’un de ses avocats au côté de conseils irakiens, libyens, américains entre autres, avait préconisé le dépaysement du procès, afin de permettre une instance impartiale.

Il s’agissait d’une manière de s’opposer à l’occupation américaine.
Il avait en outre mis en exergue qu’il ne s’agissait pas d’un tribunal en lien avec le tribunal pénal international, alors qu’il est prétendu que les accusés (Saddam Hussein et sept coaccusés) étaient, poursuivis pour crimes contre l’humanité et génocide notamment.

Maître CHAMY a rappelé que la mise en place d’un tel tribunal spécial à Bagdad par les Etats-Unis, puissance occupante, va à l’encontre des règles de droit en la matière et constitue une atteinte aux droits de l’homme.
En effet, le régime d’occupation n’est pas autorisé à juger les accusés. Par ailleurs, le droit irakien n’était pas respecté car c’est le président d’un pays qui est jugé pendant son mandat pour lui reprocher les décisions prises dans le cadre de ses fonctions fixées par la constitution Irakienne.
Ces principes ont été soutenus par les avocats de la défense, au péril de leur vie pour trois d’entre eux !
C’est pourquoi Saddam Hussein et d’autres prisonniers ont démarré une grève de la faim le 22 juin 2006 afin de parvenir « à l’obtention de garanties des Etats-Unis et de la communauté internationale concernant la protection des membres de l’équipe de défense ainsi que le respect de leurs droits. »