Deux millions d’euros pour les 19 salariés des boulangeries Wilson

News

Dix-neuf employés ou ex-employés des boulangeries Wilson avaient porté plainte pour salaires impayés, licenciements abusifs et harcèlement moral. Le conseil des prud’hommes de Mulhouse a condamné le groupe à leur verser près de deux millions d’euros. Un déboire de plus pour l’entreprise.

Placé en liquidation judiciaire en juillet 2018, le groupe Gest Wilson, dirigé par Léon Williams Griguer, n’en a pas fini avec les ennuis. Poursuivi par 19 salariés ou ex-salariés des 14 boulangeries qu’il avait rachetées en 2014, la justice a reconnu fin juillet le non-paiement d’heures supplémentaires et de congés, le licenciement « sans cause réelle et sérieuse » et le « harcèlement moral persistant et répété », le condamnant à près de deux millions d’euros, que les liquidateurs devront verser aux victimes.

« C’est l’aboutissement d’un long parcours, d’abord un parcours de souffrance, puis un parcours judiciaire, souffle André Chamy, l’avocat des 19 plaignants. L’employeur a essayé de gagner du temps, la procédure de liquidation a également contribué à la longueur du dossier. Aujourd’hui, les vicitimes ne peuvent que crier victoire, la satisfaction est là. Il y a reconnaissance de leurs préjudices et de leurs souffrances. C’est ça qui est important pour eux. »

Réprimandés en permanence devant les clients

« Tout a été reconnu et c’est une satisfaction, renchérit Isabelle Zimmermann, une ancienne salariée très impliquée dans ce combat. Cela va permettre aux filles qui vont encore mal de pouvoir tourner la page. » Elle a quitté l’entreprise, mais n’a rien oublié de cette période de grand stress, lorsqu’elle était « réprimandée devant les clients, par le fils du patron notamment. Il nous demandait de faire des choses qui n’étaient pas respectables. Lorsqu’on s’en plaignait au patron directement, ça nous retombait dessus, le fils nous coinçait le lendemain. il nous regardait travailler et nous reprochait sans cesse des choses ».

Ce harcèlement a donc été reconnu et puni. tout comme le non-paiment de ses heures supplémentaires et son licenciement, jugé abusif. « On a aussi été relaxé pour la plainte contre diffamation qui avait été déposée contre nous pour diffamation. Ce n’est pas nous qui cherchions à nuire à l’entreprise, mais plutôt l’inverse, ça a été reconnu aussi. »

L’histoire n’est peut-etre pas terminée puisqu’un appel de la condamnation est encore possible. En outre, plusieurs plaignants, dont Isabelle Zimmermann ont décidé de porter le dossier de harcèlement au pénal.